Comment l’Armée belge honore les Braves tombés devant l’ennemi.

L’identification de leurs Sépultures.

En avril 1915, le ministre de la guerre a rappelé aux autorités militaires et civiles qu’elles avaient pour devoir de prendre toutes les mesures indispensables pour assurer la conservation des tombes des militaires inhumés sur les champs de bataille ou à leurs abords, en vue de perpétuer la mémoire des soldats morts pour la Patrie et de faciliter autant que possible les recherches ultérieures des familles.

L’autorité militaire s’était efforcée d’identifier aussi complètement que possible les officiers et soldats tombés que les champs de bataille, mais il n’a pas toujours été en son pouvoir de relever les emplacements des tombes où ont eu lieu les inhumations après les combats.

En rappelant les prescriptions indiquées ci-dessus, le ministre insistait pour que les autorités militaires fissent marquer par une croix, avec inscriptions aussi exactes que possible, et entourer d’une clôture tous les emplacements de sépulture, communes ou isolées, dont il restait trace.

De plus, les administrations communales étaient invitées à inscrire dans un registre spécial les indications recueillies ou fournies par l’autorité militaire, les inscriptions provisoires ou, éventuellement, les déclarations des habitants.

Ces prescriptions devaient s’appliquer non seulement aux militaires belges, mais aussi, à ceux des armées françaises et anglaises qui, sur le territoire belge, ont confondu leur sang et sont tombés pour la défense de la même cause.

En dehors du territoire belge, le ministre prescrit que pendant la durée de la guerre, il serait placé aux frais de l’Etat, sur les tombes des militaires enterrés dans les cimetières communaux, une croix e bois, peinte en noir, sur laquelle il serait fait, à la couleur blanche, les inscriptions suivantes : noms, prénoms, unité, lieu de naissance.

C’est de ses dernières prescriptions qu’est né le travail extrêmement complet et intéressant du capitaine-commandant du génie VANOT et du lieutenant DUJARDIN  de la place de Calais.

Comme représentant de l’armée belge, ces officiers ont fait partie de la commission internationale des sépultures militaires en territoire français.

L’aire d’activité de ces officiers s’étendit d’abord sur le département du Pas-de-Calais. Ils se préoccupèrent de suite de dénombrer les sépultures militaires de cette zone : 870 tombes militaires belges furent ainsi recensées ; elles étaient réparties dans 17 communes.

Les officiers belges se mirent en relation avec les municipalités des différentes localités et obtinrent, pour la plupart, la promesse écrite qu’une concession perpétuelle et gratuite serait accordée pour les militaires belges inhumés.

Pour chacune des tombes, ils procédèrent à un relevé topographique du terrain, avec repérage exact de la tombe. Le plan du cimetière, fut artistement dessiné à grande échelle et l’emplacement de la tombe fut indiqué par un petit drapeau belge. En plus, en cartouche, sur le plan, fut tracée une carte géographique indiquant les moyens de communication entre les cimetières et la gare la plus rapprochée.

Le travail fut organisé de telle façon que, pour chaque famille, un exemplaire de ce plan peut être établi. Un modèle sera prochainement exposé au Musée de l’Armée.

Le travail de la Commission des Sépultures fut bientôt étendu à toute la France. Dans l’état actuel de se renseignements, il existe des tombes de militaires belges dans 142 communes du territoire français et le travail de relevé topographique des cimetières avec repérage des tombes est terminé pour toutes les localités du Pas-de-Calais et de la Somme.

Toutes les indications qu’il a été possible de recueillie ont été réunies et ont permis de créer un système de fiches donnant immédiatement tous les renseignements désirables, sur les inhumations en France.

Enfin, la Commission a soumis au ministre de la guerre la maquette d’une plaque commémorative à placer sur chacune des tombes. Cette maquette a été approuvée et son premier exemplaire sera sous peu envoyé au Musée de l’Armée

Tombe se trouvant dans les cimetières militaires belges.

Ajoutons pour terminer, que l’organisation créée de toutes pièces par le capitaine-commandant VANOT et le lieutenant DUJARDIN, sera bientôt étendue dans la mesure du possible à la zone de l’armée.

Article du Courrier de l’Armée n°345 du 18/11/1916.