Origine et signification des fastes de la Gendarmerie

En ce 7 octobre, si la gendarmerie n’avait malheureusement pas été dissoute, elle n’aurait pas manqué d’organiser ses fastes. Voici un texte tiré du livre – Dupuis, Benoît ; Balcaen, Jocelyn, La Gendarmerie belge. Souvenirs d’un corps d’élite, RDL, 2001 – qui en donne l’origine.

Edemolen la résistance héroïque.

6 octobre 1914. L’armée belge recule face à la pression de l’envahisseur allemand. La chute d’Anvers est imminente et les troupes ennemies veulent empêcher que les soldats belges rejoignent les armées alliées. Le IVe corps de cavalerie allemand s’est rassemblé au sud de la ligne Menin-Courtrai. Il est chargé d’effectuer des reconnaissances à l’ouest et au nord, ainsi que de détruire les voies ferrées en provenance de Gand.

Le général belge CLOOTEN est informé des mouvements allemands par les brigades de gendarmerie et par le personnel des chemins de fer. La mission de CLOOTEN est de protéger la retraite de l’armée belge. A cette fin, il doit impérativement garder une tête de pont à Gand. Pour estimer l’importance des effectifs de l’ennemi au sud de la Lys et tenter de découvrir la manœuvre que ce dernier s’apprête à entamer, il envoie des sections en reconnaissance. Parmi celles-ci, un escadron de cavalerie de la garde civique liégeoise – le célèbre escadron CHAUDOIR – et un peloton cycliste du Groupe territorial de gendarmerie de Gand , placé sous les ordres du capitaine FREMAULT.

Capitaine FREMAULT

L’automitrailleuse du lieutenant de gendarmerie VIGNERON accompagne le peloton cycliste.

Le 7 octobre à l’aube, le périlleuse mission commence. Les hommes de la Garde civique sous les ordre du commandant CHAUDOIR, manœuvrent très intelligemment dans une région ou l’ennemi peut surgir de partout. Malgré diverses escarmouches avec les Allemands, ils recueillent de précieux renseignements.

Entre-temps, le peloton cycliste du capitaine FREMAULT a pris position au carrefour des routes Kruishoutem-Nederzwalm et Gand-Audernaede. Peu après 11h., des bruits de combats parviennent depuis Edemolen. FREMAULT pense que l’escadron CHAUDOIR est pris sous le feu de l’ennemi et décide de voler à son secours.

Vers midi, un éclaireur arrive à Edemolen. Le commandant CHAUDOIR vient de quitter les lieux. C’est alors qu’un détachement allemand du Groupement bavarois du major Von TANNSTEIN arrive. LA fusillade éclate. FREMAULT et ses hommes se retranchent dans dans des bâtiments. Deux gendarmes de la brigade de Gavere et deux volontaires les rejoignent. Le combat est violent. A 12h20, le capitaine FREMAULT ordonne au lieutenant VIGNERON et à une estafette d’aller chercher du secours.

Les Allemands, qui subissent de lourdes pertes, décident d’incendier les fermes où les gendarmes sont retranchés. Sous un feu nourri, ils doivent quitter ces abris et se regrouper dans un moulin tout proche. Un maréchal des logis est sérieusement touché. FREMAULT qui se porte à son secours , tombe à son tours sous les balles ennemies. Presque tous les gendarmes sont tués, blessés, faits prisonniers. Une dizaine d’entre eux parviennent à atteindre le moulin jusqu’à environ 14h30, ils vont résister.

La Garde civique et des soldats français passent alors à la contre-offensive et repoussent les troupes allemandes. Durant leur repli, les Allemands utilisent cinq gendarmes faits prisonniers comme boucliers humains. Ceux-ci seront envoyés plus tard en captivité dans un camp en Allemagne. A 14h52, la bataille d’Edemolen est terminée. Le capitaine FREMAULT, les maréchaux des logis DE BRUYCKER, DE COCK, VAN OOST, VERSCHRAEGEN, le brigadier VAN DEN BULCKE et les soldat volontaire DANIELS, HERMANS, BLIECK, PEETERMANS et DE CLERCQ y laissent courageusement la vie. Les pertes allemandes s’élèvent à 68 hommes et à une centaine de blessés. Grâce à cette bataille , le détachement du major Von TANNSTEIN échoue dans sa mission. Ce combat à réussi à entravé l’avancée des cavaliers allemands et à couvrir la retraite de l’armée belge, d’Anvers aux plaines de l’Yser.

Mort du capitaine Fremault

En hommage aux héros d’Edemolen, le lieutenant général Ketelle signera, le 24 avril 1932, un ordre du corps stipulant que les «fastes de la Gendarmerie» auront désormais lieu le 7 octobre de chaque année.

Une colonne commémorative sera également inaugurée le 7 octobre 1937.

 

Plaque commémorative du monument d’Edemolen

Ces fastes sont donc l’hommage rendu à ce fait d’arme ainsi qu’aux gendarmes qui ont payé de leur vie leur attachement à la sauvegarde de nos institutions démocratiques.

A lire ou à voir

Vous trouverez un travail intéressant sur Edemolen entre autre ici :

http://www.fsspol.be/docu/Edemolenversiondefinitive.pdf